Blog non officiel de François Baroin

vendredi 24 février 2006

Chikungunya à La Réunion: 130.000 cas et 77 décès, crise "hors norme"

PARIS (AFP) - Le chikungunya a touché 130.000 personnes sur l'île de la Réunion et 77 décès sont "directement ou indirectement" imputables à la maladie, selon de nouveaux chiffres annoncés jeudi par le ministre de la Santé Xavier Bertrand.

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Baroin: "Nous gagnerons la bataille du chikungunya"

PARIS (AFP) - Le ministre de l'Outre-mer François Baroin a assuré mardi les députés, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, que l'épidémie de chikungunya à La Réunion serait vaincue.

"Nous gagnerons la bataille du chikungunya! Nous la gagnerons ensemble, l'Etat, les collectivités locales et l'ensemble des Réunionnais, car c'est une action collective qui nous permettra d'éradiquer le moustique", a déclaré le ministre en réponse à une première question du député de la Réunion Bertho Audifax (UMP).

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jeudi 16 février 2006

Chikungunya: 100.000 cas à La Réunion d'ici la fin de la semaine, selon François Baroin

PARIS (AP) -- Le ministre de l'Outre-mer François Baroin a annoncé mercredi que "probablement" 100.000 personnes devraient avoir contracté le virus du Chikungunya "à la fin de cette semaine" sur l'île de La Réunion . "Nous arriverons probablement au nombre de 100.000 cas touchés par le Chinkungunya à La Réunion à la fin de cette semaine, un peu plus de 500 cas à Mayotte", a-t-il indiqué lors d'une réunion interministérielle à Matignon sur le Chikungunya et la grippe aviaire. Il faut "qu'aucun effort ne soit ménagé pour accompagner la population", a souhaité Dominique de Villepin lors de cette réunion, selon les propos rapportés par M. Baroin. "Au 27 février, les moyens de lutte contre le moustique auront été décuplés et ils permettront le traitement systématique de tous les foyers exposés de La Réunion", a souligné le Premier ministre dans un communiqué. Pour aider à la démoustication, "le renfort de militaires se poursuit" avec l'envoi ce mercredi à La Réunion de 77 représentants de la sécurité civile, a précisé M. Baroin. Au total, "plus de 3.600 personnes seront engagées sur le terrain" pour démoustiquer, a ajouté le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui s'est engagé à faire preuve de "vigilance" sur les produits utilisés. Cette maladie virale transmise par les moustiques s'est déclarée dans l'océan Indien début 2005. Elle provoque des douleurs musculaires et articulaires particulièrement invalidantes et pénibles, même si elle demeure dans l'ensemble bénigne. Aucun vaccin ni traitement curatif n'est aujourd'hui connu contre le chikungunya, qui signifie en swahili "marcher courbé", en raison des fortes douleurs articulaires qu'il provoque. AP

François Baroin en Calédonie le 25 février

Ministre de l’Outre-Mer depuis juin 2005, François Baroin devrait effectuer sa première visite officielle en Nouvelle-Calédonie du samedi 25 février au mercredi 1er mars. Son programme n’a pas encore été définitivement arrêté mais il devrait d’abord se rendre à Nouméa et dans le Grand Nouméa (lundi et mardi) avant de se déplacer dans les îles et dans le Nord (mardi et mercredi). François Baroin s’est déjà rendu aux Antilles et en Guyane (juin 2005), à Mayotte et à la Réunion (juillet 2005), à Saint-Pierre et Micquelon (septembre 2005), en Martinique (novembre 2005) mais c’est la première fois que le ministre effectue un déplacement officiel dans le Pacifique

Les ravages du chikungunya

Repéré sur l'île en avril 2005, le virus flambe avec le retour de l'été austral. Fièvres, douleurs, séquelles inconnues, l'expansion de l'épidémie inquiète. Et, déjà, le département s'interroge sur les responsables de cette catastrophe sanitaire et sur son coût

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Quels dégâts pour l'économie?

Difficile de trouver plus fragile que le tissu économique réunionnais: 95% des entreprises y ont moins de dix salariés et la moitié des entrepreneurs travaillent seuls. Aussi le moindre aléa, comme le chikungunya, finit-il par provoquer un vent de panique. D'où la rapidité des décideurs économiques à sortir leurs calculettes pour estimer le montant des préjudices à venir. Dans le tourisme, au moins, le risque est bien réel. Déjà confrontée à une vive concurrence, voici la Réunion dans les griffes du pire ennemi d'une destination touristique: l'insécurité sanitaire. Dans les autres secteurs, en revanche, il est encore bien tôt pour évaluer l'ampleur des dégâts. Alors que le BTP parle de 50 millions d'euros de pertes - soit cinq fois les bénéfices de l'année dernière - certains commerces du centre-ville de Saint-Denis font état d'une baisse de 20% à 30% de leur chiffre d'affaires. Un président d'association s'attend même à ce que «les gens se cloîtrent de plus en plus chez eux». Plusieurs données, pourtant, tendent à relativiser la situation actuelle. Ainsi, malgré le chikungunya, le nombre d'arrêts maladie de janvier était équivalent à celui de l'année dernière à pareille époque. Une enquête effectuée par le Medef indiquait qu'environ 7% des salariés étaient arrêtés, pour une durée moyenne comprise entre cinq et sept jours. La rentrée scolaire, le 6 février, a également servi d'indicateur sur l'état de santé des habitants de l'île: sur 230 000 élèves et 15 000 enseignants, le taux d'absentéisme moyen dépassait à peine 4%. Reste que les patrons, comme tous les Réunionnais, se trouvent désemparés face aux développements imprévisibles de l'épidémie. Ils ont donc lancé un appel à l'Etat en faveur d'un plan d'urgence. Lequel a répondu en assurant que des délais de paiement des charges sociales pourraient être accordés. Mais la Direction du travail a prévenu: ses inspecteurs seront très vigilants sur les dossiers présentés par les entreprises.

Une épidémie régionale

Pour quelle raison l'épidémie de chikungunya a-t-elle pris tant d'ampleur à la Réunion? Les chercheurs plancheront longtemps sur la question, mais une première explication tombe sous le sens: de toutes les îles de la zone sud-ouest de l'océan Indien, la Réunion est la mieux équipée pour détecter le nombre de cas. Aussi les chiffres provenant de Mayotte, des Comores et même de Maurice sont-ils à prendre avec des pincettes. Une chose est sûre: l'épidémie est en train de gagner du terrain dans la collectivité départementale de Mayotte. En trois semaines, le nombre de cas est passé de 30 à 247, mais les médecins de la Ddass admettent que «ce chiffre est certainement en-deçà de la réalité». Aux Comores, d'où était partie la maladie l'année dernière, aucun cas n'était identifié ces dernières semaines. Ce qui pourrait s'expliquer par le fait que les habitants de l'archipel, déjà touchés par le chikungunya, sont désormais en grande partie immunisés. Aux Seychelles, la situation semble plus critique, avec 2 000 cas estimés par les autorités sanitaires locales, qui ont demandé l'aide de la Croix-Rouge. Mais c'est à Maurice que la situation est la plus floue. La semaine dernière, le gouvernement reconnaissait l'existence officielle d'une vingtaine de cas, mais, sur le terrain, les témoignages des travailleurs sociaux sont d'une tout autre teneur. Selon la presse locale, un seul quartier de Mahébourg, dans le sud-est du pays, présentait quelque 400 cas de chikungunya. Il faut dire que, à Maurice, reconnaître la présence à grande échelle de l'épidémie serait lourd de conséquences: le tourisme est le pilier le plus solide de l'économie nationale.